Comment brûler des bûches le plus efficacement et le plus proprement possible

Lors de mon passage à Foix pour ma formation en mur de soutènement en pierre sèche, j’ai eu la chance de participer à une soirée « Chauffage et Fumisterie« , également organisée par l’association Écorce. Durant cette soirée d’information, Hervé Leder, professionnel de la fumisterie (ça ne s’invente pas !) nous a fait un topo très intéressant sur les notions de bases sur la sécurité et la combustion pour avoir chaud en brûlant proprement sans polluer ni mettre le feu à la maison.

Retour sur cette soirée très instructive et notre propre expérience !

Les bûches

Fendre et faire sécher son bois

Une bûche sèche, en moyenne, 1 centimètre par an. Aussi, il convient de le couper en sections pas trop grosses si on souhaite l’utiliser sous un ou deux ans. La règle est de pouvoir entourer la bûche entre ses deux mains.

Les bois ronds, du fait de leur forme et de la présence d’écorce, peuvent être écorcés pour un séchage plus rapide.

Sécher son bois en le surélevant de 40 centimètres du sol (sur des palettes par exemple) pour faire circuler l’air et favoriser un séchage homogène.

Il ne faut surtout pas bâcher, sous peine de condensation, mais privilégier les plaques (tôle, etc.) qui pourront faire un débord et protéger le bois lors des épisodes pluvieux.

Hygrométrie du bois : s’assurer qu’il est bien sec (mais pas trop)

Un hygromètre coûte entre 20 et 30 euros. Il peut fonctionner pour calculer l’humidité du bois, mais aussi d’autres matériaux. Il est l’allié idéal pour vérifier l’hygrométrie de son bois avant de le brûler :

La combustion de bois humide ne permet pas d’atteindre la puissance nominale des appareils de chauffage. Le meilleur rendement énergétique d’une essence est obtenu à un taux d’humidité inférieur à 20%. En effet, 1 kg de bois à 50% d’humidité dégage 2 kWh, à 20% il en dégagerait 4 kWh. De plus cette combustion de bois humide libère des substances polluantes contrairement au bois sec, du fait d’une combustion incomplète, et elle augmente les risques de bistrage et de feu de cheminée.

Pour relever le taux d’hydrométrie du bois, il faut refendre la bûche de test et faire la mesure de suite car le bois peut être plus sec ou plus humide en surface qu’au cœur.

Si le bois a plus de 20% d’humidité, on peut éventuellement le mélanger avec des bûches compressées ou du chêne bien sec.

Attention, toutes les essences ne sèchent pas à la même vitesse. Par exemple, le chêne a besoin au minimum de 3 ans pour bien sécher.

Tous les bois, y compris les bois blancs et les résineux peuvent être utilisés […], le seul impératif c’est qu’ils aient un pourcentage d’humidité de 20%  au maximum (ce qui veut dire que dans une bûche d’un kilogramme, il y aura encore 200 grammes d’eau, soit un verre d’eau).

Si vous pouvez avoir des bûches à 15%, c’est encore mieux et inutile d’aller en-dessous et surtout ne jamais rechercher à descendre sous les 10% et encore moins le 0% car alors, les bûches deviendraient trop inflammables et donc lors de l’allumage dégageraient une puissance que même un poêle de masse ne saurait contrôler.

Dans la cheminée

Le choix des bûches

Bûches en train de sécher
Bûches en train de sécher

Le chêne monte moins facilement en température, aussi il est préférable de le mélanger avec d’autres essences.

Le résineux, contrairement à ce que tout le monde pense, est tout à fait adapté pour être brûlé. Comme il a mauvaise presse, il est facile de s’en procurer sous forme de don ou à bas prix.

L’allumage (inversé !) ou la méthode dite « Top down« 

Combustion "Top Down"
Combustion « Top Down »

Pour un bon allumage, c’est-à-dire qui ne consumera pas trop rapidement les bûches du foyer, il est préférable de le démarrer par le haut :

Traditionnellement, on monte son feu en mettant le matériel d’allumage dessous, qu’on surmonte du bois à faire brûler.

En top down, on inverse le tout. On place les morceaux les plus gros dessous, les moyens par-dessus et le petit bois d’allumage au sommet. […]

Le petit bois enflammé se consume, tombe et enflamme le bois intermédiaire, qui une fois bien entamé, enflamme à son tour les morceaux les plus gros (lesquels ne doivent pas être non plus excessivement gros, pour bien se consumer sans polluer).

La technique améliore le rendement de la flambée, les gaz contenus dans les bûches les plus grosses se libérant plus tardivement, ils sont plus facilement enflammés lors de la post-combustion…

La combustion

Une belle combustion
Une belle combustion

Une combustion incomplète génère des imbrûlés qui participent à la pollution de l’air :

L’efficacité et la « propreté » d’un système de chauffage au bois repose sur sa capacité à atteindre des températures élevées.

Le bois commence sa combustion aux environs de 300°C. La combustion va se poursuivre au fur et à mesure de la hausse des températures, jusqu’à l’atteinte de 850°C qui est considéré comme le début de la combustion propre.  À 1 000°C, tous les gaz contenus dans le bois sont brûlés.

Le feu continu (ou combustion lente) est à éviter : il faut toujours ouvrir les aérations (trappe, etc.) au maximum :

En privant le feu d’oxygène, sa température de combustion diminue, ce qui se traduit par l’émission d’une quantité importante de gaz imbrûlés et de particules nocives.

Un bon feu de bois ne fait pas de fumée : tous les gaz et les particules se consumant dans le foyer, seule la vapeur d’eau ressort du conduit.

La température du foyer atteint son maximum quand le bois est réduit à l’état de braises.

Plus le conduit de fumée est long, plus le tirage est fort.

Une bonne combustion dure en moyenne une heure et demie. Il est tout à fait possible de la faire durer 2 à 3h en respectant ces règles.

Quelques règles de sécurité

Le résineux peut monter très fort en température, le foyer doit être adapté.

Le bois est capable de monter en température tout seul à partir du moment où il a déjà atteint les 100°C. Il s’enflamme à 300°C : attention aux éléments inflammables à proximité du conduit (poutres, etc.).

Une arrivée d’air est obligatoire, elle doit mesurer 50 cm² et doit faire face aux vents dominants.

Le conduit de fumée doit dépasser le faîtage de 40cm et doit se trouver à 8 mètres de tout obstacle (toit, arbre, etc.). Il faut donc favoriser la position centrale pour éviter que le conduit ne soit trop long.

Si le conduit passe à l’étage et traverse une pièce habitée, il est obligatoire de le faire coffrer et de prévoir deux aérations.

Enfin, à la sortie, tout doit être fermé autour du conduit, en laissant un trou de 5 cm².

Dans la réalité…

Nous avons appliqué ces quelques règles élémentaires dès les premiers frimas :

  • Nous avons bénéficié de la coupe communale de bois cette année, nous avons (enfin surtout Alex) débité du bois pour le brûler dans 2 ans (voire même avant en fonction de la rapidité du séchage) en appliquant la méthode palette/tôle dans un endroit bien exposé.
  • Nous sommes complètement conquis par l’allumage en « Top Down » :
    • pas besoin de recharger le foyer pendant plusieurs heures,
    • de belles braises plus rapidement que l’année dernière,
    • des braises retrouvées dans la cendre presque 24h plus tard, sans toucher au feu : dernières bûches ajoutées à 22h, le lendemain à 18h, les braises étaient encore là,
    • une vitre qui ne s’encrasse plus…
  • Trappe tout le temps ouverte.

Il nous reste encore à acheter un hygromètre et nous serons préparés pour la plus belle flambée du siècle !

Sources

3 commentaires

  1. Merci Laetitia pour tous ces enseignements.
    Nous allons tester l’allumage inversé.
    Il est si agréable de se détendre devant un beau feu de cheminée.

    1. Bonjour Iz’,

      Cela va dépendre de nombreux paramètres tels que :
      – le type de foyer (insert, poêle, rocket stove, etc.)
      – si votre bûche est écorcée
      – votre méthode d’allumage (top down, traditionnel, …)
      – si votre combustion vient de démarrer ou si vous avez déjà de belles braises…

      Le mieux est encore de tester ! 🙂

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