Voter pour ses idées…

par Laetitia

(Voter utile, c’est) un piège qui dévoie la politique de ce qu’elle devrait être : choisir le moins pire sur la base de sondages, dont on sait à quel point ils peuvent se tromper, ce n’est pas choisir, mais admettre que son vote personnel n’a pas d’importance […]. Il faut voter pour ses idées, c’est la seule façon de redonner à la politique ses titres de gloire — et sa réelle importance.

— Laurence, lectrice de Reporterre

Voter pour un programme, avec lucidité, en sachant que tout ne sera pas appliqué.
Voter pour la bienveillance, la vie, le pluralisme, la beauté, et non pas contre des chimères dont il est si facile d’avoir peur.
Voter en ayant foi en l’avenir.
Voter dimanche n’est qu’un début, nous pouvons à tout moment nous impliquer dans la politique locale, là où nos idées ont un vrai pouvoir.

L’espoir d’une aube sans cesse renouvelée…

par Laetitia

J’écoutais mon coq chanter, ce joli chant de fin de nuit pour qui sait l’apprécier, car il est plein d’espoir d’une aube sans cesse renouvelée, fidélité du soleil malgré toutes les saloperies que l’on inflige au petit bijou bleu de son système… Et me sont revenues des images : le bras secondaire de la rivière où mon père amarrait sa barque (les arbres des deux rives s’y rejoignaient en laissant filtrer des lumières magnifiques) ; le deuxième jardin de mes parents à l’écart du village sur une parcelle bordée de haies où nous allions faire les récoltes à la fraîche ; la vigne de mon grand-père, petit carré égaré au milieu d’autres lopins que nous rejoignions par des chemins abrités par d’autres haies encore…

Et puis, années 70, remembrement… Tout ça a disparu […].

Alors j’ai compris pourquoi je suis revenue vers un métier de l’agriculture : c’était ma « compensation carbone » à moi, après tous ces massacres auxquels j’avais assisté enfant. Renouer avec la terre, travailler avec des centaines de variétés végétales, planter des arbres, et bien nourrir les gens, afin qu’ils pensent bien.

— Mireille Bouteyre, lettre au journal L’âge de faire n°104, à propos du livre de Fabrice Nicolino « Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture« , évoqué dans un précédent article du journal.

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Construire une vraie relation avec notre environnement…

par Laetitia

Quand tu te balades sur la plage avec un sac, tu comprends que la majorité des déchets vient de la terre, arrive dans la mer par les fleuves et les rivières, et est en partie ramenée sur la plage par la mer.

Tu ne peux pas chercher les coupables, tu es obligé de te dire que la solution, c’est de produire moins de déchets, tu comprends que c’est la société de consommation le problème.

On ramasse six tonnes de déchets par an. C’est pas ça qui va sauver le monde. Par contre, ça nous permet de construire une vraie relation avec notre environnement, on l’observe, on le défend un peu, on développe une vraie sensibilité, c’est très fort et très beau.

— Thomas Hemberger, « ramasseur de l’ombre », interviewé par Rue89

Recycler tout en augmentant la fertilité de la terre…

par Laetitia

Certains paillis sont acidifiants et modifient la nature de l’humus : hêtre, châtaignier, résineux, bruyère ; d’autres sont améliorants : herbe sèche, tilleul, noisetier, charme, prunus, restes de culture. […] Il ne faut pas craindre un changement de nature de sol. La rotation des paillis, en utilisant tous les déchets verts du jardin, reste la meilleure solution pour les recycler tout en augmentant la fertilité de la terre.

— Denis Pépin, « Pailler avec ce que l’on a sous la main« , revue 4 saisons du jardin bio n°213

Le métier de ceux ou celles qui travailleront un jour dans ces forêts comestibles…

par Laetitia

Le sol est couvert de feuilles et de branches. La canopée qui intercepte les rayons du soleil laisse passer une lumière diffuse et apaisante. Ici, il fait bon se balader, à condition de faire un peu attention à là où l’on met les pieds et d’avoir une carte pour ne pas se perdre. Bref, c’est une véritable forêt. Sauf que tout ce qui pousse là se mange.

Dans ce jardin de 1 800 m2 trônent pas moins de 2 000 variétés d’arbres, du néflier du Japon aux figuiers en passant par les pommiers, pêchers et nashis. Sur ces arbres grimpent en prime des mûriers, des groseilles ou des ronces sans épines, tandis qu’au sol rampent plusieurs milliers d’espèces de plantes comestibles.

[…] Charles-Hervé Gruyer a déjà trouvé un nom pour désigner le métier de ceux ou celles qui travailleront peut-être un jour dans ces forêts comestibles : « sylvanier ».

— Reportage sur le jardin des Fraternités Ouvrières de Mouscron par Rue89

En regardant les étoiles…

par Laetitia

L’homme a toujours vécu en regardant les étoiles. L’agriculture, les saisons, le calendrier, les cartes, les fêtes… Tout ce qui fait notre civilisation vient de là. Maintenant, l’homme est coupé de tout ça, la pollution lumineuse nous enferme un peu plus dans une bulle où la nature n’existe pas, où il n’y a rien d’autre que l’homme, en fait.

— Frédéric Tapissier, président de l’association Avex (Astronomie du Vexin), interviewé par Rue89

Et sinon, à Balagué, pas de problème pour voir la Voie Lactée… (photographie de Frédéric Lacrabère)

Faudrait revoir les choses…

par Laetitia

Il faut laisser les pailles sur le sol et on ne sèche plus le terrain, en plus il se trouve que la paille nourrit les moutons, les moutons passent sur le champ, et on change complètement la dynamique du champ, simplement en touchant un petit facteur : arrêter de sécher les sols.

Ça nous a amusés car quand on fait faire ça aux agriculteurs tunisiens, ils nous ont dit « vous les français, vous êtes vraiment à l’ouest… Alors nous c’est ce qu’on pratiquait avant, vous avez amené votre école d’ingénieurs agronomes qui nous ont raconté qu’on était des cons et qu’il fallait labourer profondément et puis maintenant vous nous dites ‘nan faut plus labourer, faut faire comme vous faisiez avant’. Vous nous prenez vraiment pour des couillons ».

Et les gars ça les a offusqués au début, parce qu’ils disaient « vous avez cassés tous nos systèmes pour nous ramener à ce que nous on faisait depuis toujours ! ». Simplement, c’étaient des paysans qui avaient observé, parce que quand vous êtes dans un milieu séchant, faut jamais toucher à la terre, faut jamais la mettre au soleil, et vous garderez de l’eau.

— Claude Bourguignon, interviewé par Passerelle Éco (2015)

Comprendre l’homme…

par Laetitia

Pour comprendre l’homme, il faut comprendre d’où il vient. Imaginez que vous voyiez une poule dans un poulailler et que vous deviez retrouver le mode de vie originel de la poule, pour comprendre pourquoi elle chante quand elle pond. C’est impossible ! Il faut aller en Inde pour voir la poule dans son environnement d’origine. J’y suis allé et j’y ai vu la poule Bankiva, elle vit dans les sous-bois très denses, elle se cache pour pondre à l’abri et, une fois qu’elle a pondu, elle crie pour retrouver le groupe et le mâle lui répond.

– Pierre Jouventin, interview par Rue89 (2015)