Givrés

Qu’est-ce qui les poussent à monter ainsi, mètre après mètre, dans cette neige un peu croûtée qui craque sous le balancier des cuissots ? La récolte d’un jour, l’automne qui se tourne ?

Qu’est-ce qui les poussent à franchir ainsi ces frontières de l’effort que tant d’autres laissent devant eux ? Aveugles sans crainte alors que se multiplient les symboles enrubannés. Le col s’échappe, le menton pique du nez.

Qu’est-ce qui les poussent à s’incliner ainsi devant le dénivelé ? Qui fait grincer les tendons, tandis que le froid s’obstine à jouer les courants d’air ? La montagne grippe mais le corps ne relâche rien.

Qu’est-ce qui les poussent à descendre nous retrouver alors que s’éveille le crépuscule ? La solitude les retient encore quelques minutes, à l’écart de ce monde qui leur ordonne déjà de rentrer. Courbaturés parmi les givrés.

2 commentaires

    1. Attention, avalanche de cœurs ! :p
      Ça m’a pris comme ça, sans prévenir, et assez facilement d’ailleurs… J’ai évité de me relire 10 fois, sinon l’article n’aurait jamais vu le jour, tu dois connaître 😉
      Merci 🙂

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