L’espoir d’une aube sans cesse renouvelée…

J’écoutais mon coq chanter, ce joli chant de fin de nuit pour qui sait l’apprécier, car il est plein d’espoir d’une aube sans cesse renouvelée, fidélité du soleil malgré toutes les saloperies que l’on inflige au petit bijou bleu de son système… Et me sont revenues des images : le bras secondaire de la rivière où mon père amarrait sa barque (les arbres des deux rives s’y rejoignaient en laissant filtrer des lumières magnifiques) ; le deuxième jardin de mes parents à l’écart du village sur une parcelle bordée de haies où nous allions faire les récoltes à la fraîche ; la vigne de mon grand-père, petit carré égaré au milieu d’autres lopins que nous rejoignions par des chemins abrités par d’autres haies encore…

Et puis, années 70, remembrement… Tout ça a disparu […].

Alors j’ai compris pourquoi je suis revenue vers un métier de l’agriculture : c’était ma « compensation carbone » à moi, après tous ces massacres auxquels j’avais assisté enfant. Renouer avec la terre, travailler avec des centaines de variétés végétales, planter des arbres, et bien nourrir les gens, afin qu’ils pensent bien.

— Mireille Bouteyre, lettre au journal L’âge de faire n°104, à propos du livre de Fabrice Nicolino « Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture« , évoqué dans un précédent article du journal.

Je ne pouvais démarrer 2016 avec un plus beau témoignage, synthétisant tout ce qui m’est cher aujourd’hui :

  • le retour à la terre par l’installation en moyenne montagne il y a déjà plus d’un an,
  • le partage d’un espace rural avec de nombreux agriculteurs, et la possibilité de mieux comprendre leur manière d’y travailler et d’y vivre,
  • le délice d’avoir la nature à notre porte…

Je me questionne très régulièrement la place de la paysannerie dans mon quotidien : ai-je envie de me lancer à mon tour pour bien nourrir les gens ? Est-ce que bien nourrir notre foyer me suffit ?

Merci donc Mireille pour ta très belle lettre au journal L’Âge de Faire (que je vous recommande chaudement), cela me conforte dans mon choix d’acheter le dernier livre de Fabrice Nicolino, que j’avais déjà listé à l’automne dernier dans les « À lire rapidement« .

Je vous souhaite une très belle année 2016, en espérant que vous preniez le temps de penser à vous et à la terre, à travers vos choix et vos rêves.

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