2 ans en Ariège, ça se fête avec un trek !

Il y a déjà deux ans, nous emménagions dans un petit bout de paradis, satisfaisant toutes nos envies de nature, de calme et de beauté : le Couserans.

Depuis, Alex s’est mis activement au trail sauvage, a gagné en endurance et en appétit de la montagne : toutes les semaines, il écume les plus hauts pics comme naguère il surfait les plus belles vagues. Le vélo de route et l’escalade font également partie de sa palette de sports extérieurs, le ski de rando devrait bientôt y faire une apparition…

De mon côté, j’ai mis à profit notre nouvel environnement pour m’immerger dans la nature de multiples manières. Chaque sortie est l’occasion de mieux apprivoiser les biotopes que nous traversons, de reconnaître, voire de cueillir les plantes et les fruits sauvages de notre contrée puis de les cuisiner. Nous avons naturellement créé notre jardin-potager en arrivant et il évolue depuis sans trop d’intervention de ma part.

Et puis, au-delà de nos intérêts personnels, nous avons beaucoup appris des passions de l’autre : je peux décider de courir en montagne quand l’envie me prend grâce aux conseils de mon coach personnel, et je sais qu’Alex connaît mieux les plantes qu’auparavant, c’est gratifiant 🙂 Sans parler de Nova qui s’est incrustée dans notre quotidien depuis un an et demi, et qui nous suit avec tellement d’entrain dans toutes nos excursions !

Alors, pour fêter à notre manière ces deux premières années de renaissance ariégeoise, nous sommes partis faire un petit trek de deux jours, à domicile, avec pour objectif de gravir le plus haut sommet du Couserans : le pic de Maubermé.

Nous parlions de partir faire un bivouac depuis des mois, motivés par les lectures du magazine Carnets d’Aventures et les magnifiques endroits qu’Alex commençait à connaître. Cette fin de semaine nous offre un bon créneau météo alors nous partons dormir une nuit en cabane. C’est l’occasion de tester notre matériel, notre autonomie et notre endurance ! (enfin surtout la mienne)

Matériel

  • 1 sac à dos Deuter 26 litres tout neuf + 1 sac à dos basique
  • 1 poche à eau 1,5 litre
  • 3 gourdes 50cl
  • 2 duvets
  • 1 gamelle en aluminium
  • 1 petite tasse en plastique
  • 2 fourchettes + 1 couteau
  • 1 sangle
  • 1 frontale
  • du papier-toilette
  • 1 casque d’escalade + 1 caméra légère
  • allumes-feus : écorce de bouleau + 2 pommes de pin
  • 1 sachet en papier kraft
  • 1 paire de bâtons

Alimentation

  • 1,5 litre de mélange maison rooibos / jus de fruit / sirop d’agave, adaptation de la recette Boisson au rooibos tirée du livre Boissons de l’effort
  • 1,5 litre d’eau
  • 1 gamelle remplie de riz semi-complet, lentilles vertes et chou fleur, avec huile d’olive, vinaigre de cidre et tamari
  • 6 gâteaux maison, recette Chemin des crêtes tirée du livre Secrets d’endurance
  • 2 barres de céréales
  • 1 poignée de noix et fruits secs
  • 2 sachets de thé
  • 2 rations de croquettes

Après un copieux déjeuner à la maison, nous partons du parking d’Eylie vendredi en début d’après-midi. Le temps est clair et nous profitons de la plus belle lumière de l’année : celle de début d’automne, quand le soleil réchauffe délicatement les prairies et que les arbres commencent tout juste à colorer leurs feuilles d’or et de cuivre.

À notre habitude, nous buvons une gorgée de boisson au thé tous les quarts d’heure et mangeons un demi-gâteau toutes les heures. Bien alimentés, notre progression est agréable et régulière jusqu’au barrage d’Urets, pulvérisant notre moyenne de 300 mètres D+ / heure 😀

Dans les landes d’altitude, tapies de fougères ocres et de myrtilliers rouges, nous commençons à faire des provisions de bois sec en prévision de notre nuit à la cabane du port d’Urets. On pensera à prendre une mule pour la prochaine fois.

Au refuge du barrage, nous faisons une petite pause en discutant avec 3 chasseurs d’isards installés pour le week-end. Ils nous prennent pour des toulousains (on n’a pas encore l’accent local 😉 ) et nous confirment qu’ils n’ont vu personne monter de la journée.

Nous gravissons les dernières centaines de mètres tandis que le soleil se dépêche de passer derrière le Maubermé, déjà au-dessus de nous. Ça caille et on a hâte de s’arrêter pour boire un thé fumant à la cabane.

Si les Hobbits avaient conquis la montagne... la cabane du port d'Urets
Si les Hobbits avaient conquis la montagne… la cabane du port d’Urets

Et puis finalement, une fois en haut, devant un panorama à couper le souffle et rapidement réchauffés par le soleil côté espagnol, nous posons nos sacs et nous nous motivons : « et si on se faisait quand même un sommet aujourd’hui ?« . Direction le pic de l’Homme 200 mètres au-dessus de nous. En redescendant, mon TFL gauche se réveille et me force à réduire mon allure jusqu’à la cabane.

Alex a tenu à partir avec son casque d’escalade sur lequel il a fixé une petite caméra. Ainsi, à intervalle régulier, il a « capté » quelques images de notre ascension jusqu’au port d’Urets :

Un jeune randonneur de Lituanie avait déjà posé son énoooorme sac à dos à la cabane quand nous sommes arrivés : nous ne serons donc pas seuls cette nuit. Tandis qu’il crapahute dehors, nous rentrons et tentons par 3 fois d’allumer le poêle de la cabane : les pommes de pin ne veulent pas s’enflammer, le petit bois se consume avec difficulté. Nous générons tellement de fumée pendant nos tentatives qu’il nous faudra ouvrir plusieurs fois la porte de la cabane pour y voir clair et redémarrer l’opération. Finalement, en utilisant toute notre écorce de bouleau d’un coup, Alex arrive à lancer le feu.

En route pour le sommeil
En route pour le sommeil

Nous partageons notre gamelle avec notre co-cabaneur qui n’avait pas de quoi se faire un vrai repas, il nous prépare du thé, nous parlons anglais autour du poêle. Puis très rapidement, nous nous installons pour dormir sur nos couchettes de fortune.

Aux premières lueurs du jour, Alex quitte la cabane avec Nova pour gravir les contreforts du Maubermé et prendre des photos de l’aube naissante, tandis que je profite d’une heure de dodo en plus… Le dernier gâteau englouti, nous repartons le ventre un peu vide.

Quand l'aube approche
Quand l’aube approche

Les nuages sont bloqués côté français et nous profitons d’un beau soleil et d’un petit vent glacial pour gravir le pic du Maubermé. Une courte pause au sommet et nous redescendons en hors-piste jusqu’au port de la Hourquette en suivant des sentes d’animaux, avec un panorama à 360° sur les Pyrénées. Mon TFL gauche se manifeste de nouveau, comme après chaque grosse descente… Je prends un anti-douleur et je plisse les yeux.

Vue depuis le pic de Maubermé
Vue depuis le pic de Maubermé

Croyant trouver le bon port, nous nous engageons un peu trop rapidement dans le trou de Comminge… et tombons nez à nez avec une bestiole sans corps. Message compris ! nous rebroussons chemin pour rattraper le passage raté plus haut.

Nous terminons les fruits secs, va falloir puiser dans les réserves pour terminer ce trek. S’en suit une longue, très longue descente, sans âme qui vive, par un joli sentier très bien balisé qui nous fait passer par les anciens sites miniers de Bentaillou.

Au grand soleil, ces paysages déshumanisés paraissent simplement reconquis par la nature. Mais une fois passés en dessous de la mer de nuage, avec l’anti-douleur qui se fait la malle et l’estomac qui crie famine, les bâtiments abandonnés deviennent fantomatiques et sont étrangement doublés d’une apparition alimentaire de type « saucisson-chips-bière-lasagnes ». Les hallucinations nous poursuivront jusqu’à la fin de notre trek, en alternance avec la douleur aiguë qui reprend régulièrement le dessus et m’empêche d’avancer à plus de 2 kilomètres à l’heure…

Deux consolations dans ce calvaire : Nova s’occupe du spectacle (mention spéciale pour les roulades) et le fait de progresser à la vitesse d’une tortue nous donne l’opportunité de zieuter sous les feuillus de la forêt d’Eylie. C’est ainsi qu’Alex nous dégotte un splendide cèpe de Bordeaux en bordure du chemin.

Fatigués, affamés, nous arrivons enfin. Un dernier effort pour faire quelques emplettes et récompenser notre moral d’acier qui nous aura permit de conclure cette petite virée pyrénéenne dans des conditions pas faciles. À la maison, nous trouvons encore d’ultimes ressources pour nous concocter un petit apéro et des lasagnes maison avant de nous écrouler dans le canapé.

En guise de conclusion, voici ce que nous pensons améliorer pour notre prochaine sortie sur deux jours : acheter un second sac à dos de 25 litres pour emmener deux fois plus de gâteaux et accrocher des béquilles ! 🙂

Quelques chiffres

  • Distance : 27,8 km
  • Dénivelé : 2 426 m
  • Temps : 14h30 (la claque !)

7 commentaires

  1. Hey !
    C’est Nova qui a pris la photo en couverture ? 🙂
    Bravo pour vos deux ans dans vot’pays loin là-bas et pour ce superbe trek, ça fait rêver !

  2. Hey, super trek de ouf ! Bon par contre, pour le TFL, j’ai parfois le même problème : y’a des massages étonnants qui existent (à faire à deux!) et le kiné m’a conseillé de faire des étirements costauds des adducteurs, pour soulager le TFL. Depuis j’ai plus eu de problème… (je t’en dirai plus par mail si tu veux)

  3. Une bien belle manière de fêter vos 2 ans dans cette si belle région. Les photos sont sublimes et vraiment très sympa cette vidéo.
    Vous êtes vraiment en osmose avec la nature.
    Biz à vous 2

  4. Magnifique sortie !
    Ca fait plaisir d’avoir des nouvelles comme ça, et de voir que ça fonctionne bien pour vous et que vous vous plaisez où vous êtes, depuis deux ans (déjà !).

    On est passé pas bien loin (à vol de vautour et en coup de vent) cet été (sur St Lary et Néouvielle).

    Ca me ferait plaisir qu’on se voit (ne serait-ce que pour un thé) dans le sud ouest, ou dans les Alpes…

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