Trail

Skyrhune 2016

La tant attendue Skyrhune… Elle est toute jeune – c’est sa 3ème édition – mais elle rassemble déjà un plateau de coureurs de grand, voire de haut niveau. J’ai l’habitude de vouloir terminer dans les 10%, mais aujourd’hui c’est impensable !

Skyrune 2016

Je mets toutes les chances de mon côté et décide de ne partir qu’avec 50 cl d’eau. Je boirai au ravitaillement. 500 gr de moins à porter, c’est toujours bon à (ne pas) prendre. L’ambiance festive est bien présente, et « Clap« , le départ est donné !

Deux kilomètres plus tard, il fait déjà très chaud, d’autant plus que c’est parti très vite. À chaque départ, je me dis « Vas-y tranquille Alex« , et à chaque départ je suis le mouvement… Mais je suis content, car je me sens « en canne », j’ai les jambes des bons jours comme on dit.

J’entends déjà la folie du Miramar, c’est la première bosse, et tout s’est bien passé. Des dizaines et des dizaines de personnes sont là pour nous encourager, c’est dingue… Pris dans le jeu, je ne m’arrête presque pas au ravito et entame la descente à fond. C’est relativement technique et j’ai l’habitude de ce genre de terrain. Dès que ça freine devant moi, j’accélère et je double par les broussailles. Je m’amuse vraiment.
Ensuite, c’est 5 kilomètres de faux-plat descendant en sous-bois jusqu’au deuxième ravitaillement. J’avale rapidement deux verres d’eau au sirop de menthe. Je profite de l’arrêt pour tremper ma tête dans un ruisseau, maintenant il n’y aura plus beaucoup d’ombre avant le prochain sommet, Ciburu Mendi. Là encore, la montée se passe bien et je talonne un Espagnol qui cours à la même allure que moi depuis quelques kilomètres déjà. Dans la descente, une autre rivière et un autre trempage de tête. Il fait vraiment chaud, ma montre affiche 32°.

Nous y voilà, c’est maintenant que toute cette course prend son sens. Au pied de la Rhune, en plein soleil, des spectateurs tout le long qui font un boucan d’enfer et 700 mD+ sur seulement deux kilomètres, avec des sections à 40% … Je marche vite, mais je sens rapidement que cette ascension va être très dure. Les encouragements sont plus motivants que jamais, je me surprends à courir sur certains passages alors que je suis à bout. Je me dis « Il faut bien leur offrir ce pour quoi ils sont venus« , alors je m’arrache, je donne tout dans cette côte.
L’arrivée au sommet est un énorme soulagement, il y a là aussi beaucoup de monde à applaudir. Je bois un verre d’eau, un de coca et un de St Yorre, je repars. La descente très technique de la Rhune aura raison de mes jambes et de mon estomac avec des crampes aux ischios et des points de côté. J’ai trop bu en haut, je le paie : je dois m’arrêter à plusieurs reprises pour reprendre mon souffle. C’est dur, et les forces commencent à me manquer.

Enfin, j’aperçois Laeth, quel bonheur! Il ne me reste qu’un kilomètre et demi pour rallier l’arrivée. Nous courons ensemble et elle me motive comme il faut pour continuer. Je veux accélérer, mais dès que j’allonge la foulée, les crampes réapparaissent. Ce n’est pas grave, je continue et passe la ligne en 2h47 et 12 secondes. Je m’effondre, heureux d’en avoir fini et d’avoir participé à cet événement.

15 minutes plus tard, au camping, cela se complique : je n’arrive pas à me nourrir ni à boire et je vomis le peu que j’ai dans le ventre. Je décide d’aller au PC sécurité de la course une heure et demi après mon arrivée car je n’arrive pas à rester debout et mes yeux se ferment.
Notre voisin de tente nous y amène, et je suis tout de suite pris en charge par les médecins. Résultat : 9 de tension, une grosse déshydratation et très peu de sucre dans le sang… Une perfusion de sucre, deux autres de sérum-phi et 30 minutes plus tard, me voilà sorti de ce calvaire.
Un bon hamburger-frites dans notre restaurant d’Ascain favori fera le reste !

En conclusion de ce trail, encore une leçon : ne JAMAIS faire l’impasse sur de l’eau ou des barres pour leurs maigres poids dans un sac à dos !

Photo principale par http://salernophoto.fr

Résultats

  • Distance : 21 km
  • Dénivelé : 1  700 m
  • Temps : 2h47 et 12 secondes
  • Classement : 93e au scratch, 67e Senior Homme.

Un commentaire

  1. Tu as, une nouvelle fois, donné le maximum et surtout tu t’es fait plaisir. Il faut une sacrée motivation et tu l’as.
    Félicitations.
    C’est vrai que les encouragements du public et de Laetitia donnent encore plus de désir de se surpasser.
    Dorénavant, tu penseras un peu plus à ton alimentation durant la course car c’est aussi un des moteurs qui permet de se dépasser.
    Nous sommes fiers de toi.
    Ton récit de la course est passionnant.

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