L’espoir d’une aube sans cesse renouvelée…

par Laetitia

J’écoutais mon coq chanter, ce joli chant de fin de nuit pour qui sait l’apprécier, car il est plein d’espoir d’une aube sans cesse renouvelée, fidélité du soleil malgré toutes les saloperies que l’on inflige au petit bijou bleu de son système… Et me sont revenues des images : le bras secondaire de la rivière où mon père amarrait sa barque (les arbres des deux rives s’y rejoignaient en laissant filtrer des lumières magnifiques) ; le deuxième jardin de mes parents à l’écart du village sur une parcelle bordée de haies où nous allions faire les récoltes à la fraîche ; la vigne de mon grand-père, petit carré égaré au milieu d’autres lopins que nous rejoignions par des chemins abrités par d’autres haies encore…

Et puis, années 70, remembrement… Tout ça a disparu […].

Alors j’ai compris pourquoi je suis revenue vers un métier de l’agriculture : c’était ma « compensation carbone » à moi, après tous ces massacres auxquels j’avais assisté enfant. Renouer avec la terre, travailler avec des centaines de variétés végétales, planter des arbres, et bien nourrir les gens, afin qu’ils pensent bien.

— Mireille Bouteyre, lettre au journal L’âge de faire n°104, à propos du livre de Fabrice Nicolino « Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture« , évoqué dans un précédent article du journal.

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Ainsi l’homme créa l’agriculture…

par Laetitia

Les excréments humains, ensevelis près des cavernes ou des huttes, contenaient les premières graines d’origine agricole, et qu’ensuite la sélection de fruits s’effectua de la même manière. G.A. Robinson trouva des « prunes indigènes douces » dans des bosquets autour des établissements aborigènes de Tasmanie, et montra que la tomate indigène arborescente, ou pomme kangourou, est grosse et charnue seulement dans des sites anciennement occupés par l’homme ou portant trace de son passage. De telles plantes peu à peu développent une dépendance vis-à-vis de l’homme et deviennent de ce fait domestiquée. Ainsi l’homme créa probablement l’agriculture, au cours des âges, comme le résultat inconscient d’une tendance vers la sédentarisation.

Bill Mollison & David Holmgren, Permaculture 1 (1978)